Rencontrons la glace

Si nous devions choisir quelques adjectifs pour planter le décor de l’article qui va suivre, voici ceux que nous choisirions.
Froid. Glacé et silencieux.
On part à la découverte des fjords du Groenland à côté de Nuuk.
Là où la nature semble arrêtée. Semble seulement…

Nous avons mis un peu de temps à écrire pour cet article. Comment l’écrire ? Que dire ? Quelle(s) partie(s) souhaitons-nous mettre en avant ?

J’ai trouvé qu’il était difficile de relater un tel voyage, tant tout est nouveau, surprenant… Indescriptible serait peut-être le bon mot. Il y a beaucoup à dire.
La difficulté supplémentaire a été de comprendre l’ambiance du lieu, de choisir les bons mots pour retranscrire exactement ce que Pierre a vécu et ressenti sur le moment.
À mesure de discussions et de travail sur les photos, une conclusion en est sortie.

Nous avons choisis de nous concentrer sur ce qui représente, à nos yeux, l’essence même du Groenland : Sa faune et son froid glacé.

Nous sommes donc partis pour une escapade à la rencontre du froid intense.

À la rencontre des géants de glace

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Nous venons de passer quatre jours à Nuuk. On attendait l’avion qui nous ramènerait en France après notre mission. Quatre longs jours où la neige s’est tant densifiée qu’elle nous a tenue prisonniers à l’intérieur de la ville.
Nuuk se situe à environ 240 kilomètres au sud du cercle polaire.
L’hiver arrive (winter is coming… ), les jours raccourcissent. Mais aujourd’hui nous partons pour les Fjords. Cet ensemble de fjords représente le deuxième plus important au monde. Alors question icebergs… On ne sera pas déçus !
Pas question d’aller plus loin que les Godthabsfjord aujourd’hui.. La glace est déjà trop présente en amont.

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L’intérieur du bateau nous protège un peu du froid.. Et surtout du vent. Dehors il fait -10°. Avec le vent, le froid devient assassin.
Le paysage est blanc. Froid. Coriace.
Des icebergs se dessinent au loin. Puis autour du bateau. La lumière nous baigne d’une atmosphère particulière. Elle laisse paraître des formes et des couleurs qui disparaitront pour laisser place à un camaïeu de bleu.

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Nous avançons dans une mer gelée. La glace craque sur la coque du bateau. Les paysages changent à mesure que la lumière évolue. Cet univers glacé si singulier nous entoure.
Que faire à part admirer ?
L’eau glacée passe du bleu roi au vert turquoise grâce aux reflets des géants. Ils s’enfoncent parfois si profondément que l’on distingue à peine leurs extrémités.

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J’ai beaucoup aimé l’ambiance que dégage cette photo…

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Le paysage lunaire collait bien au format noir et blanc.

Les premiers géants se distinguent. Ils sont spectaculaires, tous uniques, ont tous une histoire à raconter. On les rencontre un par un, leur blanc immaculé contraste avec le noir des abîmes. Chaque endroit est un tableau.
L’eau ondule autour avec les vibrations du bateau.
Mais quand le moteur est coupée, deux éléments ressortent.
Les reflets qui donnent un aspect irréel. Une sorte d’upside down de couleurs à ne plus savoir quel est l’endroit de l’envers.
Nos regards se noient dans l’eau profonde, là le camaïeu ressort. Dans ce calme intense.

Que pouvons-nous dire, à part, Admirez.

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Et le silence…

Un royaume de silence

Le silence remplace le calme à mesure que nous avançons. Portés par les courants.
Les seuls sons qui parviennent à nos oreilles restent le souffle du vent glacial et le bruit furtif au loin de la faune.. Il nous semble entendre un bruit en particulier. Un bruit inconnu jusqu’alors.
Un chant ? Comme une menace tant elle est lointaine.
Elle transperce le silence qui règne dans ces eaux. Elle va et vient. À mesure qu’elle se rapproche elle ne semble plus être une menace.
Le silence des lieux nous a submergé. On prend conscience, on se pose. Quel endroit si étrange, comme si c’était une autre planète… Et nous savons que l’aventure est loin d’être terminée encore.
Avez-vous déjà ressenti ce calme, avec un bruit inconnu qui se rapproche.. Vous ne le connaissez pas, mais il vous semble que ce n’est pas un danger.
Comme une sorte d’appel de la nature.
La terre est si vaste, si variée. Nous voyons mer, montagne, désert. Pluie et chaleur ardente.. Ici, c’est le froid et la neige qui règnent en maîtres.

Nous divaguons quand soudain on nous arrache au silence. Nous entendons une expulsion de gaz au loin.
Nos regards se braquent.
Nous voyons notre première baleine ! Notre première rencontre.

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Elle va recommencer avant de replonger. C’est certain. Elle remplace l’air de ses poumons, sans avoir besoin de s’émerger totalement. Elle nous fait part de son incroyable balai. Elle nous laisse l’admirer, elle se rapproche.
À cet instant nous comprenons que la nature n’est pas figée. Il suffit d’observer.
Quelle chance nous avons.
Dans ses fjords il n’est pas rare de croiser ces cétacés. Ces animaux si gracieux.
Ce jour là nous étions le seul bateau. Le dernier de la saison, dernier départ. Qui ne devait même pas avoir lieu ! On était seuls, face à cette baleine.
Étrangement ici, la vie fait écho au silence. Pour nous, urbains, le silence peut être synonyme de vide. Mais pas ici. La vie n’est jamais très loin..

Les secondes passent et défilent comme des flèches. On capture chaque moment. On sait que ce moment est pour nous. Et personne d’autre.
Il est temps pour elle de repartir, et pour nous de continuer notre aventure, entre silence et solitude.

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Danse finale

Nous continuons, doucement, d’avancer vers la terre. Cette terre qui semble aujourd’hui inhabitée et inhospitalière..

 

Space Oddity

Je me revois encore devant cet écran d’ordinateur, à regarder les photos que Pierre avait prises durant ce voyage. À écouter son ressenti, son histoire. Me demandant comment le dire. Au fur et à mesure de l’écriture, les mots collent aux souvenirs, aux images rapportées. Il faut trouver les mots justes pour illustrer les images d’un monde encore assez inconnu. 

Je ne saurais pas dire quel est l’endroit le plus surprenant par sa beauté et sa pureté.
Tout s’associe, se combine et forme un ensemble harmonieux, dans les couleurs et dans la vie qu’il porte.

Ceux d’entre vous qui nous connaissent bien, savent combien j’aime David Bowie. Il m’a semblé que ce titre collait parfaitement à l’ambiance qui régnait à ce moment. À bord de ce vaisseau flottant, il était tant pour nous d’avancer, d’atteindre la terre et de rejoindre Major Tom.

Nous apercevons une terre. Un village. Aussi déserts l’un que l’autre.

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Continuer de longer la côte. De naviguer entre ses fjords.
La planète bleue porte bien son nom. L’immensité de l’Océan nous entoure. Nous le quittons pour quelques minutes, heures. Puis, sur terre, encore de l’eau. Solide cette fois.
C’est là que l’on arrive.
Les icebergs flottent près de la côte. Le soleil tape. Mais le froid reste. La lumière inonde la baie et envoute le paysage qui fait ressortir le bleu acier des petits géants.
On progresse sur la terre. Inhabitée. Aussi hostile soit t’elle. Ce village habité l’été, a laissé place au désert blanc, au silence et à la solitude.
On est les premiers à revenir.
Malgré ce milieu sauvage, ce moment est époustouflant. Unique.
Les rayons du soleil réchauffent nos visages giflés par le vent glacé. Au bord de la baie l’eau se mêle au ciel qui est devenu blanc lui aussi. On distingue péniblement l’horizon. Quelques glaces disséminées çà et là arborent leurs plus belles parures bleutées.

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Les quelques maisons qui forment le village sont plantées là. Au milieu de rien, au milieu de la neige.
Peut-être avez-vous vu Seul sur Mars ? L’impression d’être comme Matt Damon, perdu avec sa capsule au milieu de rien. À la différence qu’ici, il y a une épaisse couche de neige. Et quelques maisons, qui laissent deviner qu’il n’y a encore pas si longtemps, la vie filait son cours..

Les couleurs des petites maisons, tout comme à Nuuk, ressortent de toute cette immensité blanche. Elles sont rouges, bleues ou bien jaunes.
Des tâches de couleurs parfaitement accordées qui font écho à une peinture impressionniste.

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Entre nous, c’est une de mes photo préférée !

Avant de repartir, on profite de la lumière de la baie, qui est devenue plus grise. Quelques glaçons se sont échoués ici. On se rend compte, encore plus, de leurs immensités. De leur couleur bleutée qui change en fonction de la lumière qui les transpercent.
On s’en approche pour jauger au mieux leurs tailles.

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On pouvait même s’en servir comme Igloo…

 

Nous avons défier une dernière fois ces géants sur la terre ferme.


Avant de repartir.

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Pierre et Alizée.

 

 

 

 

 

 

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Une réflexion sur “Rencontrons la glace

  1. Waouw… Ton article est magique, quelles photos! Et ta façon de décrire votre expérience, on s’y croirait. C’est un très beau récit illustré qui donne énormément envie d’aller au Groenland. Quelle aventure!

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